DU COLLÈGE
Architectes
Gilles S. Bonetto et Jacques Garand
Mise en service
9 janvier 1984
Art et architecture
Le thème qui marque cette station est l’élégance classique, supplémentée par plusieurs œuvres d’art impressionnantes.
Les revêtements de la station sont raffinés et sobres. Les murs des niveaux souterrains sont uniformément finis de blocs de terre cuite, qui rappellent l’architecture de brique typique du quartier avoisinant.1 Les planchers sont de granit dans les édicules et carrelés de grès cérame ailleurs; ce carrelage forme des motifs de demi-lune et, sur les quais, des séquences frappantes de cercles et de losanges. Les bancs de pierre arborent le logotype de l’arrondissement de Saint-Laurent.
Les deux édicules, aux deux extrémités de la station, sont des structures attrayantes qui reprennent des motifs de design répétés à travers la station, notamment la prédominance d’angles obliques dans l’emplacement des portes et des fenêtres, ainsi que la présence d’ouvertures circulaires pratiquées dans les murs et parois. Chaque édicule est accompagné d’une lanterne détachée de puits de lumière qui reprend son style.
L’extérieur de l’édicule nord, dont la structure de béton brut était autrefois à découvert, a été retravaillé lors de l’implantation d’ascenseurs, et est maintenant revêtu de briques gris ardoise et de plaques de zinc. L’intérieur de béton brut a été maintenu, à l’exception de l’alcôve d’accès à l’ascenseur, qui a été parée de carreaux blancs qui rappellent le métro de Paris.
À l’accès nord, les passagers descendent vers les quais en suivant un parcours en spirale, avec des escaliers disposés obliquement entre le rez-de-chaussée, le palier intermédiaire et le niveau de la billetterie. Les escaliers sont disposés à des angles obliques, un choix architectonique subtil mais distinctif ayant pour but d’espacer la circulation.2 Ces angles entre les escaliers et les murs créent aussi des vues imprenables sur les niveaux inférieurs. Le parapet du palier est situé sous le puits de lumière et permet donc également de faire infiltrer la lumière du soleil dans le grand volume.
La salle de contrôle nord est un grand espace impressionnant sous un plafond en pente dont les caissons reprennent les formes géométriques du plancher des quais. Elle est dominée par le point d’orgue de la station, une immense colonne ionique qui soutient le plafond. La colonne, œuvre de l’architecte Gilles Bonetto, fait allusion à la littérature et la philosophie classiques, rappelant le nom de la station et la présence de deux institutions collégiales près de cette sortie.
Comme les escaliers des niveaux supérieurs, les escaliers vers les quais sont disposés à un angle oblique; légèrement coudés, ils présentent une apparence unique qui les rend plus visibles pour les passagers sur les quais.1 Fortuitement, ces coudées ont laissé de la place, des années plus tard, pour accueillir les gaines d’ascenseur.
Néanmoins, d’importantes modifications de la géométrie des escaliers et des extrémités de la billetterie et des quais ont été nécessaires. Sans la possibilité d’obtenir les briques et carreaux originels ou d’en récupérer suffisamment, les designers ont privilégié un nouveau revêtement complètement différent de couleur gris ardoise.3 Le résultat détonne des espaces avoisinants, mais sans doute moins que des finitions qui auraient imité imparfaitement les matériaux d’origine. (Le revêtement originel a toutefois pu être récupéré et conservé sur le mur au-dessus du quai Côte-Vertu.)
Au niveau de l’accès sud, qui dessert le terminus d’autobus de la rue Cartier, l’édicule en brique rouge et la salle de contrôle sont moins spectaculaires, mais se démarquent tout de même par leurs lignes très claires et élégantes et le haut volume ensoleillé de la billetterie.
À différence de l’accès nord et des aménagements d’autres stations de la même cuvée, la salle de contrôle sud est perpendiculaire aux voies, plutôt qu’alignée au-dessus de celles-ci. Elle est reliée aux quais à travers un transept de conception inhabituelle, avec un seul escalier vers chacun des quais et une passerelle qui passe au-dessus de la bouche du tunnel en formant un balcon. En effet, le trajet du passager entre l’édicule et la passerelle est linéaire, en contraste avec le parcours spiral de l’accès nord.
Cette station est remarquable pour son abondance de vitraux; elle abrite non moins de cinq verrières hautes en couleur. Dans un geste intentionnel, chacune a été réalisée utilisant une technique différente. L’édicule nord arbore deux vitraux. Le plus large, signé Lyse Charland Favretti et portant le titre L’éducation,4 représente les deux collèges avoisinants (Saint-Laurent et Vanier) avec des symboles de l’éducation ainsi que des domaines scientifiques et culturels qui y sont enseignés.
L’œuvre plus petite, créée par Pierre Osterrath, établit le lien entre la station, représentée par sa colonne ionique et son revêtement mural (exemple rare d’une œuvre d’art qui incorpore une image de sa propre station), et la carte et les symboles de l’arrondissement de Saint-Laurent.
Le palier entre les deux escaliers reliant l’édicule et la salle de contrôle contient deux autres verrières, des œuvres abstraites de Pierre Osterrath. Celles-ci représentent respectivement la plaine sur laquelle le village de Saint-Laurent fut construit, ainsi que le potentiel technique et industriel de l’avenir de l’arrondissement.
L’édicule sud jouit d’un autre beau vitrail de Lyse Charland Favretti. Cette œuvre abstraite, intitulée L’industrie,4 représente des courants aérodynamiques, une référence à l’industrie aéronautique locale. Finalement, surplombant la salle de contrôle du haut d’un mur et éclairée par un puits de lumière, on trouve un relief texturé de blocs de terre cuite, signé Aurelio Sandonato.
L’architecture imposante et raffinée de cette station et sa profusion d’œuvres d’art en fait un incontournable du réseau.
Accessibilité
Cette station est pourvue d’ascenseurs pour l’accessibilité aux personnes en fauteuil roulant. Les ascenseurs desservent l’accès nord de la station, malgré la présence du terminus d’autobus à l’entrée sud, à environ 180 m de distance. On explique cette décision en raison des contraintes imposées par la géométrie de l’accès sud.
Un ascenseur relie le rez-de-chaussée à la zone de contrôle au niveau de la billetterie ainsi qu’au quai Côte-Vertu. Comme cet ascenseur rejoint le quai directement, il est muni de son propre portillon de perception à même l’édicule, ainsi qu’une distributrice de titres et un téléphone pour joindre l’agent de station. Un deuxième ascenseur relie le niveau de la billetterie au quai Montmorency.
L’installation des ascenseurs a été prévue pour pallier une fermeture temporaire planifiée de la station Côte-Vertu, déjà accessible. Le chantier a débuté en février 2017 et les ascenseurs sont entrés en service en mai 2018.
Historique et faits divers
Achalandage
2 533 409 départs en 2023
36e station en achalandage
Profondeur des quais
17,1 mètres
27e station en profondeur
Longueur d’interstations
Vers Côte-Vertu : 777,24 mètres
Vers De la Savane : 1281,69 mètres
Origine du nom
Rue du Collège. Ce nom fait référence au cégep de Saint-Laurent, situé à proximité. Cet établissement d’enseignement a été fondé en 1847, sous le nom de collège de Saint-Laurent, par la congrégation de Sainte-Croix, à l’initiative du curé Saint-Germain de la paroisse de Saint-Laurent et de Mgr Ignace Bourget, évêque de Montréal. L’institution est devenue cégep en 1974.
Anciennement appelée rue Saint-Philippe ou St. Philip Street5, la voie a été rebaptisée rue du Collège en 1917 ou 1918.6
Anciens noms alternatifs : Rue du Collège (utilisé durant la phase de planification et imprimé sur certaines correspondances); Collège.7
Faits divers
- Cette station servait comme terminus de la ligne orange pendant un an et demi, entre son inauguration et celle de la station Côte-Vertu.
- Fait unique, la station est l’œuvre de deux architectes non affiliés; plutôt que collaborer sur l’ensemble de la station, ils l’ont divisée entre eux. Gilles S. Bonetto était responsable de l’accès nord, des quais et des revêtements, alors que Jacques Garand a planifié l’accès sud.1
- L’accès nord fut conçu de sorte à permettre l’éventuel ajout d’un troisième édicule au côté nord de la rue du Collège. Cet accès aurait rejoint la station au niveau du palier entre le rez-de-chaussée et la billetterie, là où se trouve aujourd’hui la verrière de Pierre Osterrath en tons de gris. L’édicule sud a également été conçu pour recevoir un accès intérieur à un éventuel projet immobilier au sud; cet accès se serait trouvé au rez-de-chaussée.1
- Comme son édicule sud se trouve juste au nord du chemin de fer CN, on projetait de faire de la station du Collège le terminus d’une ligne de « métro de surface » à travers le nord de la ville jusqu’à Repentigny, sensiblement dans l’axe du futur train de banlieue Mascouche. Le projet a été annoncé par le gouvernement du Québec en 1981, mais n’a jamais été commencé.8
- La station du Collège a en fait déjà été une station intermodale durant une brève période. Entre les mois de mai et octobre 1990, elle a servi de terminus du « Métropolitrain », une ligne de train de banlieue temporaire desservant Repentigny durant une réfection majeure de l’autoroute 40.9
Plan des prolongements projetés produit par le BTM en 1976, montrant la station sous le nom Rue du Collège
(Source10)
Esquisse architecturale du grand volume de l’accès nord
(Source1)
Grand volume de l’accès nord en construction. On voit l’âme de la colonne ionique.
(Source11)
Scènes de l’inauguration de la station et du prolongement de la ligne orange, le 9 janvier 1984 :
Un orchestre attend sa performance dans la salle de contrôle bondée
(Source11)
Des personnages en costumes d’époque tiennent une bannière commémorant l’arrivée du métro à Ville Saint-Laurent
(Source11)
Pierre Des Marais II, président de la CUM, Marcel Laurin, maire de Saint-Laurent et René Lévesque, premier ministre du Québec, dévoilent l’une des verrières de Pierre Osterrath
(Source11)
L’édicule et la billetterie nord avant l’implantation d’ascenseurs en 2018 :
Intérieur de l’édicule nord. L’ascenseur a été implanté dans le puits de lumière derrière les ouvertures rondes.
La billetterie nord et les escaliers vers les quais. Les finitions de terre cuite et de grès cérame autour des escaliers ont été remplacées de brique gris ardoise, mais on en a récupéré suffisamment pour restaurer la finition d’origine du mur au-dessus de l’escalier à droite. La lumière naturelle derrière la colonne ionique provient d’un puits de lumière qui a été fermé pour accueillir la gaine d’ascenseur et l’alcôve qui y donne accès dans l’édicule.
Adresses des accès
Arrondissement de Saint-Laurent
|
A Accès Cartier : 450, rue Ouimet, angle rue Cartier (sans préposé) |
Dernière mise à jour : 2026-09-07
Références
- Bonetto, Gilles S.; Garand, Jacques. Station du Collège : étude préliminaire (document de présentation au Bureau de transport métropolitain). 6 mars 1980. Archives de la Ville de Montréal, dossier CA M001 XCD001-D19, cote 1D-06-01-33F. ↩ ↩ ↩ ↩ ↩
- Bonetto, Gilles S.; Garand, Jacques. Station du Collège : étude préliminaire (document de présentation au Bureau de transport métropolitain). 6 mars 1980. Archives de la Ville de Montréal, dossier CA M001 XCD001-D19, cote 1D-06-01-33F. ↩
- STM – Mouvement collectif. Affichage Facebook, 28 juin 2018. ↩
- Musée des métiers d’art du Québec. (2023). Lyse Charland Favretti : souffle de lumières. Montréal : auteur. ↩ ↩
- Pinsonneault, A.R. (1907). Atlas of the island and city of Montreal and Ile Bizard: a compilation of the most recent cadastral plans from the book of reference. Montréal : Atlas Publishing Co. Planche 58. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, G/1144/M65G475/P5/1907 DCA. ↩
- Lovell’s Montreal Directory for 1918-19. (1918). Montréal : John Lovell & Son. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 0005993752. Voir p. 1899 (« Places in the Neighborhood of Montreal Outside City Limits », s.v. « Ville St. Laurent »), où des entrées situées sur « St Philippe » à l’édition antérieure (ex. Bennet, Romeo) se trouvent désormais sur « Du Collège ». ↩
- Communauté urbaine de Montréal. (1989). Tour toponymique : Les stations de métro. Montréal : auteur. ↩
- Gouvernement du Québec, Ministère des Transports. (1981, 11 mars). Amélioration du transport en commun dans la région de Montréal. Supplément paru dans La Presse. ↩
- Torge, J. (1990, 14 mai). Free trains offer handy solution to chaos on Metropolitan Blvd. The Gazette. P. A5. ↩
- Source de l’image : Gaston, J. (1976.) Le métro de Montréal. Montréal : Bureau de transport métropolitain. ↩
- © Archives de la STM. ↩ ↩ ↩ ↩
Côte-Vertu












































