DE LA SAVANE
Art et architecture
Ceci est une station unique et audacieuse au design futuriste accrocheur. Les formes et motifs anguleux irréguliers dans le béton brut des murs, piliers et plafonds de l’unique accès et du grand volume, parsemés de luminaires hémisphériques et de garde-corps remarquables faits de tubes d’acier inoxydable, produisent une atmosphère fantaisiste, voire surréelle.
D’importantes contraintes structurelles en lien avec la proximité d’une grande conduite d’eau et de l’autoroute Décarie ont exigé une excavation désaxée vers l’est relativement au tunnel. Ainsi, la seule partie de la station qui dépasse le mur ouest de la nef est l’escalier vers le quai Montmorency.1 Malgré cela, un grand volume profond et impressionnant a été creusé pour accueillir la billetterie et l’extrémité nord des quais. De grandes piles triangulaires de part et d’autre de l’escalier vers le quai Côte-Vertu soutiennent le toit de la station à l’aide d’imposantes poutres de béton qui articulent le vertigineux plafond cathédrale.
La nef, construite en tunnel, se projette vers le sud à partir du grand volume. Les murs des quais sont parés de panneaux de béton préfabriqués à haut relief qui reprennent les formes anguleuses des niveaux supérieurs. Les panneaux arborent aussi des cercles jaunes dont le positionnement donne une illusion d’ondulation le long des quais, rythmant cette décoration murale.
Le style distinctif de la station anime également le remarquable édicule, qui se dresse telle une formation de cristal avec ses formes triangulaires de verre et béton. L’intérieur est également triangulaire, avec ses points aux deux entrées et à l’escalier qui descend vers la station. La base du triangle entre les deux entrées accueille une large fenêtre regardant la rue de Sorel. Le décor de béton brut partage les bas-reliefs anguleux, les lampes hémisphériques et le garde-corps en acier inoxydable de la salle de contrôle. L’une des fenêtres de l’édicule alimente un puits de lumière qui descend plusieurs étages pour éclairer la salle de contrôle, près de la tête de l’escalier vers le quai Côte-Vertu.
L’escalier qui descend vers la billetterie est interrompu par un palier et un revirement de 180 degrés. Fait inhabituel, la volée d’escaliers en haut du palier comprend un seul escalier mécanique alors que celle en bas du palier, plus longue et plus large, en compte deux. À différence d’autres stations dont la billetterie est aménagée dans un volume profond, la cage d’escalier est partiellement isolée de ce volume, offrant aux passagers la surprise de découvrir soudainement son ampleur et son décor remarquables.
Comme l’édicule, l’œuvre d’art de la station évoque également les formes des cristaux. Au pied du puits de lumière, une sculpture abstraite en acier inoxydable aux formes pointues ressort du mur. Cette œuvre de Maurice Lemieux porte le titre Calcite, en référence à un minéral cristallin. Elle reflète la lumière du soleil un peu partout dans le volume.
Le design singulier de cette station mérite une place en tête de toute liste de stations à visiter.
Accessibilité
Cette station n’est pas accessible en fauteuil roulant. Aucun projet de mise en accessibilité n’a été annoncé.
À cause de la difficulté technique anticipée de l’implantation d’ascenseurs dans l’accès actuel, une étude rédigée en 2015 par la STM a considéré la possibilité de construire un nouvel accès à l’extrémité sud de la station (voir Faits divers plus loin), qui aurait incorporé des ascenseurs.2 Il n’y a pas eu de suivi de ces propositions depuis.
Selon le Plan de développement d’accessibilité universelle de la STM 2012-2015 (p. 40), la complexité anticipée de l'implantation d'ascenseurs à cette station a été évaluée comme étant élevée (coûts estimés supérieurs à 18 millions $).
Historique et faits divers
Profondeur des quais
19,4 mètres
16e station en profondeur
Longueur d’interstations
Vers Du Collège : 1281,69 mètres
Vers Namur : 786,70 mètres
Origine du nom
Rue de la Savane. Cette rue portait déjà le nom chemin de la Savane dans un plan géographique produit en 1778, où elle reliait l’extrémité nord du chemin de la Côte-des-Neiges avec la montée de Saint-Laurent. Elle prenait son nom sans doute du fait de traverser une savane, soit une plaine dominée par les plantes herbacées avec des arbres isolés, ou possiblement un marécage (savane en français québécois3).
Aussi connu sous le nom de chemin de la Petite-Liesse, la voie prit subséquemment le nom de rue Saint-Jean-Baptiste, puis rue Boudrias (1912) et rue de Namur (1914), pour finalement redevenir la rue de la Savane le 14 mars 1947.4
Nom durant la phase de planification et ancien nom alternatif : Savane.5 Une résolution du Comité exécutif de la Ville de Montréal en date du 16 mars 1976 et portant sur les noms des stations des prolongements de la ligne orange prévoyait le nom Savane pour cette station.6 Il n’est pas certain comment on en est arrivé au nom définitif.
La rue de la Savane sur une carte de 1954
(Source7)
Faits divers
- Durant la planification, plusieurs situations différentes ont été considérés pour cette station entre 1970 et 1977. Parmi celles-ci : sous la rue Bougainville au nord de la rue de Sorel; à l’angle de la rue de Sorel et de l’avenue Mountain Sights; sous l’avenue Mountain Sights entre les rues de la Savane et Ferrier; et même à l’ouest de l’autoroute Décarie, à l’avenue Royalmount.8
- Durant la même période, la BTM a planifié la construction d’une station entre les stations du Collège et de la Savane, sous l’autoroute Métropolitaine voire sous l’échangeur Décarie directement, au nom de station Laurentien. Les différentes positions considérées pour la station de la Savane étaient essentiellement tributaires de l’incertitude sur la situation de la station Laurentien, ainsi que de l’intense controverse entourant l’emplacement de la station Namur.8
- Cette station fut planifiée de façon à permettre l’aménagement de plusieurs accès additionnels. L’un, situé à l’est de la station, aurait rejoint le palier entre l’édicule et la billetterie, tandis qu’un autre, de l’autre côté de l’autoroute Décarie, aurait débouché sur la billetterie elle-même.1
- À plus grande échelle, une large voûte a été aménagée à l’extrémité sud des quais (à l’instar de Namur), afin de prévoir l’aménagement ultérieure d’un nouveau bloc d’accès avec sa propre billetterie et ses propres sorties. Une étude effectuée par la STM en 2015 a considéré les possibilités pour l’ajout d’un tel accès, avec un édicule soit du même côté de l’autoroute, soit du côté opposé. Cet accès aurait compris des ascenseurs, puisque la mise en accessibilité de l’accès existant serait un projet très complexe.2
- Le décor distinctif en béton brut cannelé ne faisait pas partie du concept originel des architectes, qui préconisaient plutôt un revêtement de panneaux de pierre de hauteur variable et de brique de calcite.1 Ce dernier matériau se serait harmonisé avec la forme cristalline de l’édicule ainsi qu’avec la sculpture. Qui plus est, Maurice Lemieux a choisi le titre Calcite pour sa sculpture dès le départ, car il anticipait la présence de calcite à cause des caractéristiques du site. En effet, comme il l’avait prédit, l’excavation de la station a révélé une veine de calcite.9
- À l’origine, la sculpture Calcite était illuminée la nuit par un jeu de lampes colorées, conçu par l’artiste. Après avoir été hors service pendant plusieurs années, elles ont été retirées. On ne sait pas si elles seront restaurées.
Plan d’ensemble présentant les différents emplacements considérés pour les stations de la Savane (C1 à C5) et Laurentien (D1 à D4)
(Source10)
Plan des prolongements projetés produit par le BTM en 1976, montrant la station sous le nom Savane
(Source11)
Maquette architecturale du grand volume de la billetterie, avec la sculpture Calcite de Maurice Lemieux
(Source12)
Performance musicale lors de l’inauguration de la station, le 9 janvier 1984
(Source12)
Dévoilement de la sculpture Calcite de Maurice Lemieux
(Source12)
Adresse de l’accès
Arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce
8261, boulevard Décarie, entre les rues de Sorel et Bougainville
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Dernière mise à jour : 10 Oct 2026
Références
- De Varennes, Guy; Mathieu, Almas. Station de la Savane (document de présentation au Bureau de transport métropolitain). Décembre 1979. Archives de la Ville de Montréal, dossier CA M001 XCD001-D19, cote 1D-06-01-34F. ↩ ↩ ↩
- Surprenant-Legault, Julien; Vibert, Sonia. (2015). Ajout d’un nouvel accès à la station de la Savane : rapport d’étude. Montréal : STM. (archive.org) ↩ ↩
- Bergeron, Léandre. (1980). Dictionnaire de la langue québécoise. Montréal : VLB Éditeur. P. 445 (s.v. « savane »). ↩
- Fiche descriptive : Rue de la Savane. Commission de toponymie du Québec. ↩
- Communauté urbaine de Montréal. (1989). Tour toponymique : Les stations de métro. Montréal: auteur. ↩
- Comité exécutif de la Ville de Montréal (16 mars 1976). Résolution no. 80991. Archives de la Ville de Montréal, CA M001 VM166-1-1-D5313. ↩
- Source de l’image : Underwriters’ Survey Bureau. (1954). Insurance plan of the city of Montreal. Vol. VII. Toronto : auteur. Plan 700-2. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 555481 CON. ↩
- Communauté urbaine de Montréal. (1977, 27 mai). La station Namur. Archives de la Ville de Montréal, CA M001 VM166-1-1-D5319, pp. 21-38. ↩ ↩
- Info-STM. (2005, 21 février). Les artistes du métro de Montréal: Maurice Lemieux. Métro, p. 9. ↩
- Source de l’image : Communauté urbaine de Montréal (1977), p. 30. ↩
- Source de l’image : Gaston, J. (1976.) Le métro de Montréal. Montréal : Bureau de transport métropolitain. ↩
- © Archives de la STM. ↩ ↩ ↩
Du Collège

































