CÔTE-VERTU
Architectes
Jodoin Lamarre Pratte & Associés
Édicules secondaires : Cayouette & Saia
Artistes
Mise en service
3 novembre 1986
Art et architecture
Les formes de cette station symbolisent la rapidité du mouvement des passagers et des véhicules. Les espaces de la salle de contrôle et du transept prennent la forme de grands demi-cercles, symbolisant la fluidité du mouvement tout en dirigeant les passagers de façon efficiente.
L’élément le plus saillant de la station est le volume unifié, long et profond, qui relie son transept et la cage d’escalier principale entre la billetterie et les quais. Cette excavation assez étroite est de largeur uniforme, tel un canyon offrant des perspectives impressionnantes de la station à partir des escaliers principaux. De plus, le volume surgit du sol et traverse l’édicule principal, aboutissant à une vaste fenêtre qui fait office de claire-voie.
La forme du volume fut conçue pour favoriser l’orientation : les passagers partants peuvent, du haut des escaliers, envisager leur parcours entier jusqu’aux quais, alors que la lumière naturelle guide les passagers arrivants qui montent vers la surface.
Malheureusement, les escaliers très étroits entre les quais et la passerelle ne suffisent pas pour assurer la fluidité de circulation des foules importantes caractéristiques d’une station terminus. Ils ont visiblement été conçus en fonction de la projection voulant que cette station ne soit qu’un terminus temporaire, la ligne orange devant poursuivre son expansion vers le nord. Hélas, c’est ici où son évolution s’est arrêtée et demeure en suspens depuis plus de trois décennies.
Les murs et les planchers sont revêtus de matériaux neutres, soit de la terre cuite aux murs et des carreaux en grès et en granit au sol. Pour égayer l’espace, les boîtiers des éléments d’éclairage standard aux quais sont peints jaune citron, de même qu’un « portique » distinctif au niveau de la passerelle qui incorpore des luminaires et des panneaux directionnels. Des demi-lunes carrelées au sol des quais indiquaient autrefois la position des portes des rames; l’entrée en service des trains Azur, dont la position des portes est différente, les a rendues obsolètes. Ces demi-lunes répètent les formes semi-circulaires de la billetterie et du transept, tout comme d’autres formes de demi-lune ailleurs dans le carrelage des planchers.
La station est dotée de trois édicules, dont le plus important, l’accès Côte-Vertu Nord, est situé directement au-dessus de la billetterie. Cette structure en brique incorpore deux claires-voies orientées en directions opposées, telles des ailes sur le toit. La première, déjà mentionnée, incorpore une grande baie vitrée de pleine hauteur sur la façade ouest, et éclaire le grand volume. L’autre, orientée vers l’est, ensoleille les escaliers qui descendent vers la billetterie.
Là où il pénètre l’édicule, le grand volume est traversé par une passerelle donnant accès à une aire d’attente intérieure pour le terminus d’autobus adjacent. Cette section fut rajoutée au côté nord de l’édicule en 2005, dans le cadre de la construction d’un nouveau terminus d’autobus pour desservir les nombreuses lignes de la STM qui terminent leur parcours ici.
Au sud du boulevard de la Côte-Vertu, les deux édicules secondaires, identiques et adossés, ont été réalisés après l’ouverture de la station. Bien qu’ils ne soient guère plus que des bouches de métro recouvertes, ces petits bâtiments bénéficient d’un joli design en brique, métal et verre, dont les toitures à versants et les fermes de toit apparentes constituent une référence postmoderne à l’architecture résidentielle traditionnelle. Les édicules sont reliés à la salle de contrôle par un long couloir.
L’édicule le plus au sud desservait autrefois un important terminus pour les autobus de la STM, la STL et l’AMT. Or, les besoins de l’offre de service ont finalement excédé nettement les capacités de l’espace disponible, ce qui a motivé la construction du nouveau terminus adjacent à l’édicule Côte-Vertu Nord. Le reliquat du terminus sud a persisté pendant 12 ans de plus, accueillant les autobus de la STL et l’AMT (aujourd’hui Exo), jusqu’à ce que la boucle d’autobus, rendue inutile, soit supprimée et réaménagée pour en faire une place publique. Les autobus de banlieue se rabattent toujours à cet accès, desservis par de simples arrêts sur rue.
Quant à l’apport artistique, les murs du transept au-dessus des voûtes du tunnel arborent deux sculptures murales complémentaires d’Yves Trudeau, portant le titre Relief, négatif positif. Leurs surfaces irrégulières en acier inoxydable sont ceinturées par une bande jaune qui parcourt les murs du transept et de la cage d’escalier principale. Cet élément symbolise le fil d’Ariane dans le mythe de Thésée, qui guide les passagers à travers le monde souterrain, représenté par les surfaces en forme de faille rocheuse. La murale sud a dû être modifiée légèrement pour permettre l’installation d’ascenseurs.
La construction du nouveau terminus a été accompagnée par une nouvelle œuvre d’art, dans le cadre de la politique du 1 % pour l’art du gouvernement du Québec. Cette installation murale, L’Homo urbanus, représente, par son montage de photos, la foule qui tourne le dos pour ne pas apercevoir la violence. Son fond hautement poli reflète les mouvements de la vraie foule. L’œuvre, signée Éric Lamontagne, est sise dans l’aire d’attente de l’aile nord de l’édicule Côte-Vertu Nord.
Accessibilité
Cette station est pourvue d’ascenseurs pour l’accessibilité aux personnes en fauteuil roulant. Un ascenseur relie directement l’édicule Côte-Vertu Nord au niveau de la passerelle. Cependant, il ne communique pas avec la salle de contrôle; il a plutôt sa propre barrière de perception à même l’édicule ainsi qu’une distributrice de titres et un téléphone pour joindre l’agent de station. Deux autres ascenseurs relient le transept et les deux quais.
La construction des ascenseurs a débuté le 4 mai 20091 et les escaliers sont entrés en service le 19 janvier 2011.2
Historique et faits divers
Profondeur des quais
17,7 mètres
21e station en profondeur
Longueur d’interstations
Vers Du Collège : 777,24 mètres
Origine du nom
Boulevard de la Côte-Vertu. Le secteur connu sous le nom Notre-Dame-de-Vertu, Notre-Dame-de-la-Vertu ou Notre-Dame-des-Vertus a pris ce nom vers 1700; le nom Notre-Dame-des-Vertus est mentionné sur une carte de 1702. Comme c’est le cas pour la plupart des côtes (le terme consacré pour les rangs seigneuriaux sur l’île de Montréal), le chemin a pris le nom de la côte.
Notre-Dame-de-Vertu fut l’une des nombreuses côtes sur l’île de Montréal nommées pour des épithètes de la Vierge Marie sous la seigneurie des sulpiciens, qui entretenaient une dévotion particulière à la Sainte-Vierge. Jean-Jacques Olier, l’un des fondateurs de la colonie de Ville-Marie (ancêtre de Montréal), faisait des pèlerinages fréquents à l’église de Notre-Dame-des-Vertus à Aubervilliers, près de Paris. Cette dernière accueille en effet un pèlerinage annuel depuis 1338.
Avec le temps, l’élément « Notre-Dame » est disparu, comme c’est le cas de plusieurs côtes telles que Notre-Dame-de-Liesse et Notre-Dame-des-Neiges (voir Côte-des-Neiges), et le toponyme a pris la forme de chemin de la Côte-Vertu. Le générique a été changé de chemin à boulevard en 1997.3
Nom alternatif avant l’ouverture : Vertu.4
Faits divers
- Les murales d’Yves Trudeau devaient à l’origine se prolonger jusqu’au sommet des escaliers, dans le but de refléter dans le volume la lumière du soleil provenant de la claire-voie. Elles ont finalement été grandement réduites, supposément pour une raison d’économie; or, l’artiste est d’avis que le briquetage a ultimement coûté aussi cher que les projections pour les sculptures.7
- La salle de contrôle a été planifiée de sorte à permettre un lien souterrain vers un édifice projeté à l’ouest de la station, sur l’actuel emplacement du terminus d’autobus.8
Esquisse architecturale du grand volume, montrant les sculptures d’Yves Trudeau qui continuent jusqu’en haut des escaliers
(Source8)
Maquette architecturale des deux édicules secondaires
(Source9)
Le président du comité exécutif de la Ville de Montréal Yvon Lamarre et le président de la CUM Michel Hamelin assistent à la cérémonie d’inauguration de la station, le 24 octobre 1986.
(Source9)
Adresses des accès
Arrondissement de Saint-Laurent
|
A Accès Côte-Vertu Nord : 1515, boulevard de la Côte-Vertu, angle boulevard Décarie |
Attractions avoisinantes
|
Dernière mise à jour : 14 Oct 2026
Références
- STM. (2009, 30 avril.) Projet Accessibilité Métro : travaux d’installation d’ascenseurs à la station Côte-Vertu. [Communiqué de presse.] ↩
- STM – Mouvement collectif. Affichage sur Facebook, le 19 janvier 2011. ↩
- Fiche descriptive : Boulevard de la Côte-Vertu. Commission de toponymie du Québec. ↩
- CTCUM. (1985, 31 mai). Train de banlieue ligne Montréal/Rigaud : la station de correspondence Vendôme, une intégration efficace train/métro. [Plan.] Montréal : auteur. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 0006813075. ↩
- Image adaptée de : Anonyme. Plan montrant l’ouverture de la rue Saint-Laurent et des prinicipales artères sur l’île de Montréal. 15 août 1798. Source : Archives de la Ville de Montréal, CA M001 VM066-3-P001. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- Source de l’image : Chabe01, Wikimedia Commons. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-SA 4.0 International. ↩
- STM. (2003, 18 juin). Les artistes du métro de Montréal : Yves Trudeau. Métro. P. 9. ↩
- Jodoin Lamarre Pratte & Associés. Station Côte-Vertu (document de présentation au Bureau de transport métropolitain). 13 janvier 1983. Archives de la Ville de Montréal, dossier CA M001 XCD001-D19, cote 1D-06-01-03F. ↩ ↩
- © Archives de la STM. ↩ ↩





































