CÔTE-SAINTE-CATHERINE
Art et architecture
Comme plusieurs stations des prolongements des années 1980, la station Côte-Sainte-Catherine est un espace attrayant, moderne et fonctionnel. Elle se centre autour d’un grand volume qui s’ouvre à tous les niveaux, de sorte à permettre aux passagers de visualiser leur parcours entier à travers la station, que ce soit à partir du palier supérieur vers les trains, ou depuis les quais jusqu’à la sortie.
Le grand volume, au-dessus de la billetterie, est un espace à section triangulaire, dont la pente du plafond suit la ligne des escaliers du côté nord de la salle de contrôle. Son faîte s’ouvre sur un passage en palier entre la tête de ces escaliers et la sortie; ainsi, ce palier offre sur toute sa longueur des vues de la billetterie et des quais en contrebas.
La mezzanine sur laquelle est aménagée la billetterie suit également un plan anguleux; son rebord sud traverse les voies en diagonale, de sorte que les escaliers vers les quais, situés aux deux coins de ce rebord, sont décalés les uns des autres. Les escaliers passent entre et autour des paires de piliers qui soutiennent le toit du volume. Les rebords de la mezzanine, comme celui du palier supérieur, sont fermés par des garde-corps en acier et en verre, surmontés par de beaux luminaires sphériques.
Les quais sont construits en tunnel à partir du volume central. Leurs murs sont revêtus de panneaux de béton traité au jet de sable, avec un motif dynamique d’arêtes diagonales qui pointent le chemin vers les escaliers. Les lignes diagonales se rapprochent en approchant des escaliers, pour symboliser l’accélération. Le quai est pourvu de rangées de sièges baquets jaune vif.
L’œuvre d’art de la station, créée par l’architecte, consiste en plusieurs ensembles de panneaux en métal en jaune, orange et vert. Dans la salle de contrôle, des panneaux en forme de losange constituent des chevrons au-dessus des escaliers des quais et une grande flèche le long de la volée principale d’escaliers mécaniques. Une deuxième flèche semblable, plus discrète, sur le côté de l’escalier mécanique vers l’édicule est visible à partir de la mezzanine. Sur les murs du palier et dans l’édicule, des panneaux rectangulaires arborent des motifs diagonaux colorés. Comme les panneaux de béton aux murs des quais, les formes et les motifs de ces murales indiquent la direction de la sortie.
L’unique édicule est une structure anguleuse en béton avec des portes aux coins nord-est et sud-ouest. Entre elles, de larges baies vitrées illuminent les escaliers vers la station. Le coin de l’édicule formé par ces fenêtres est chanfreiné, de sorte qu’une grande surface triangulaire fait face à l’intersection, attirant les regards.
Accessibilité
Cette station n’est pas accessible en fauteuil roulant. Aucun projet de mise en accessibilité n’a été annoncé.
Selon le Plan de développement d’accessibilité universelle de la STM 2012-2015 (p. 40), la complexité anticipée de l'implantation d'ascenseurs à cette station a été évaluée comme étant problématique.
Historique et faits divers
Profondeur des quais
17,7 mètres
21e station en profondeur
Longueur d’interstations
Vers Plamondon : 451,10 mètres
Vers Snowdon : 693,00 mètres
Origine du nom
Chemin de la Côte-Sainte-Catherine. Le nom de la côte Sainte-Catherine est l’un des plus anciens toponymes européens dans la région de Montréal. Le 9 novembre 1694, François Dollier de Casson, seigneur de l’île, concède six terres sous le nom de côte Sainte-Catherine. Puis le 12 juin 1709, l’intendant Antoine-Denis Raudot homologue comme chemin un ancien sentier autochtone autour du pied nord-est de la montagne; comme ailleurs, la côte donne son nom à ce chemin principal, qui est appelé dès lors chemin de la Côte-Sainte-Catherine. La côte Sainte-Catherine devient en 1875 le village d’Outremont.1
Le tronçon occidental du chemin sur lequel se trouve la station de métro en est la section la plus récemment ouverte (vers 1936);2 auparavant, le chemin terminait à son intersection avec le chemin de la Côte-des-Neiges.
Parmi plusieurs saintes Catherine de la religion catholique, la plus connue est sainte Catherine d’Alexandrie, qui faisait autrefois l’objet d’une dévotion très répandue, mais dont l’historicité est maintenant considérée douteuse. Selon la légende, elle était la fille d’une famille noble d’Alexandrie qui vivait vers 300 apr. J.-C. Extrêmement savante, elle réussit à l’âge de 18 ans à ridiculiser en argument non seulement l’empereur Maxence, mais 50 philosophes qu’il ordonna de la confondre. Après qu’elle eut converti les clercs, l’empereur ordonna son exécution sur la roue à pointes, mais elle la fit éclater en la touchant. Il la fit donc décapiter. Sa fête est le 25 novembre.
Le chemin de la Côte-Sainte-Catherine, à Outremont
Plan datant de 1798 indiquant le « chemin de Ste Catherine »
(Source3)
Des plaques commémorant la côte Sainte-Catherine et son chemin homonyme, au parc François-Xavier-Garneau à Outremont
Sainte Catherine d’Alexandrie, du Caravage
(Source4)
Faits divers
- Cette station servit de terminus de la ligne orange pendant six mois entre son inauguration et celle de la station Plamondon.
- La station a été conçue de sorte à permettre l’ajout d’un édicule secondaire au nord du chemin de la Côte-Sainte-Catherine. Celui-ci aurait été relié à la station au niveau de la passerelle au-dessus de la salle de contrôle.5
- Les bandeaux de nomenclature de cette station arborent plus d’une version du nom de celle-ci, une condition unique dans le réseau. La plupart disent « CÔTE STE-CATHERINE », mais un dit « STE-CATHERINE » tout court, un autre (enlevé depuis) disait « CÔTE-SAINTE-CATHERINE » et les enseignes au-dessus des portes extérieures disent « COTE STE-CATHERINE ». (De surcroît, un panneau à l’intérieur de l’édicule affiche le nom de la rue sous la forme de « CHEMIN DE LA COTE-STE-CATHERINE ».) Selon le site Web et les cartes de la STM ainsi que la Commission de toponymie du Québec,6 l’orthographe officielle est « Côte-Sainte-Catherine ».
Adresse de l’accès
Arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce
4780, chemin de la Côte-Sainte-Catherine, angle avenue Victoria
Dernière mise à jour : 10 Oct 2026
Références
- Circuits virtuels. (2021). Société d’histoire d’Outremont. ↩
- Lovell’s Montreal Directory for 1936-37. (1936). Montréal : John Lovell & Son. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 0005993752. Voir p. 567 (« A street directory of Montreal, » s.v. « St. Catherine Road »). ↩
- Image adaptée de : Anonyme. Plan montrant l’ouverture de la rue Saint-Laurent et des prinicipales artères sur l’île de Montréal. 15 août 1798. Source : Archives de la Ville de Montréal, CA M001 VM066-3-P001. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- Michelangelo Merisi da Caravaggio (Le Caravage). Sainte Catherine d’Alexandrie. 1598-99. Huile sur toile. Museo Thyssen-Bornemisza, Madrid. Source : Wikimedia Commons. ↩
- Gilbert Sauvé. La station Côte Ste-Catherine (document de présentation au Bureau de transport métropolitain). Janvier 1977. Archives de la Ville de Montréal, dossier CA M001 XCD001-D19, cote 1D-06-01-05F. ↩ ↩
- Fiche descriptive : Station Côte-Sainte-Catherine. Commission de toponymie du Québec. ↩
- © Archives de la STM. ↩
Plamondon































