Station Fabre - Grand plan

Ligne 5 bleue FABRE

Architecte

Architectes

Bruno Bédard, Raimondo Averna, Jean-Claude Boisvert1

Mise en service

Mise en service

16 juin 1986

Art et architecture

Panorama de la nef de la station Fabre, vue à partir du quai Snowdon. La nef est creusée en tunnel dans le roc. Les murs sont revêtus de panneaux de béton polymère hauts en couleurs, soit un fond bleu cobalt rehaussé de bleu ciel et vert dans la moitié est (gauche) et de magenta et mauve du côté ouest (droite). Les panneaux sont ponctués par des disques blancs et reliés par une main courante sculpturale en acier inoxydable qui se courbe pour mettre en valeur les disques et se rabaisse pour accueillir des bancs. Les traitements muraux furent conçus par le sculpteur Jean-Noël Poliquin.

Cette station, construite en tunnel entre deux accès construits à ciel ouvert, se distingue par son usage flamboyant de couleurs vives. Les murs des quais et les lambris des murs aux niveaux supérieurs sont revêtus de panneaux amovibles de béton polymère de tons brillants. La trame de fond est de bleu cobalt, accentué de deux paires de couleurs signature qui correspondent chacune à l’un des accès, avec les quais divisés entre elles : magenta et mauve pour l’accès ouest, vert et bleu ciel à l’est. Tant par leurs coloris intenses que par leurs formes rectangulaires munies de protrusions semi-circulaires emboîtées dans les panneaux voisins, ces panneaux apportent un magnifique élan de vitalité au design de la station.

Le tout est rythmé par des disques concaves de couleur blanche qui se rapprochent entre eux au fur et à mesure que l’on s’approche aux escaliers. À l’intérieur de chaque disque, un bas-relief en gradins semi-circulaires pointe vers la sortie la plus proche.

Une section du parement mural sur le quai Saint-Michel. On voit les panneaux de béton colorés et la main courante multifonctionnelle qui parcourt la longueur du mur. La main courante qui parcourt la longueur des murs du quai incorpore des places assises sous forme de sièges individuels en plastique blanc. Les disques blancs incorporés au parement mural se rapprochent au fur et à mesure qu'on se rapproche des sorties, dans ce cas le transept desservant l'accès de la rue Fabre.

Les rails tubulaires en acier inoxydable qui courent le long des murs des quais renforcent l’impression de mouvement. Ces tubes servent tour à tour d’élément de décoration, de main courante et de soutien pour les bancs. L’aménagement mural de panneaux et de tubes, exemple par excellence de l’intégration de l’art et l’architecture, est l’œuvre du sculpteur Jean-Noël Poliquin, qui a travaillé en étroite collaboration avec les architectes.

Les couleurs intenses vont de pair avec les lignes puissantes des volumes en béton et des édicules, particulièrement dans l’accès principal (Papineau) à l’est de la station. Ici, la salle de contrôle est aménagée au-dessus de la bouche du tunnel du métro; elle donne sur l’extrémité des quais au sein d’un volume aux lignes anguleuses, qui en soulignent la nature souterraine et minérale.

La salle de contrôle de l'accès est (Papineau) se trouve à l'extrémité des quais, au-dessus de la bouche du tunnel. Panorama de la salle de contrôle est. Les panneaux muraux colorés continuent jusqu'à cette salle et ensuite le long des escaliers jusqu'au rez-de-chaussée (gauche).
Panorama de la salle de contrôle est. L'espace se projette pour englober l'extrémité des quais dans un volume anguleux (gauche). À droite, les escaliers vers l'édicule.

La cage d’escalier de cet accès rejoint la nef à un angle de 60°. Cet angle et les triangles équilatéraux qu’il produit sont repris par plusieurs éléments des niveaux supérieurs, formant une trame architecturale unificatrice.1 On les note surtout dans les caissons triangulaires aux plafonds, qui forment des gradins saisissants dans les cages d’escalier.

Les caissons triangulaires équilatéraux utilisés dans les salles de contrôle reproduisent l'angle de 60° de la cage d'escalier dans l'accès est. Le plafond des cages d'escaliers — ici, celle de l'accès est (Papineau) — est aménagé en gradins obliques qui suivent l'angle des caissons triangulaires. Ce même angle est visible aux extrémités de la passerelle au rez-de-chaussée qui donne sur les escaliers.

L’accès secondaire de la rue Fabre, sans préposé, rejoint les quais par un transept qui coupe la voûte de la nef de façon perpendiculaire à deux tiers de sa longueur.

Vue vers le bas et l'intérieur de la station à partir de l'accès ouest (rue Fabre). Comme dans l'autre accès, la cage d'escalier présente un plafond en gradins obliques. La billetterie dans l'accès ouest. Les barrières blanches ont été ajoutées aux années 1990 pour convertir cet accès à l'opération sans préposé. Vue vers la billetterie ouest à partir du transept qui la relie aux quais.
La voûte du transept creusé en tunnel qui relie les quais à l'accès ouest. Le mur au bout du transept, sur le palier des escaliers vers le quai Snowdon.
Le transept de l'accès ouest vu à partir des quais. Le sol de chaque quai est ponctué par un grand cercle de pierre grise sous la passerelle. Un cercle de pierre grise interrompt le carrelage blanc d'un quai sous la passerelle vers l'accès ouest.

Au rez-de-chaussée, les édicules de la station ont été conçus en imaginant qu’à chaque accès, les escaliers sortaient par une bouche à ciel ouvert au centre d’un petit square public, pour être ensuite recouverts par un pavillon diaphane d’acier et de verre permettant un apport généreux de soleil. Ainsi, les concessions et les locaux de service sont regroupés à l’arrière des terrains disponibles, de sorte à présenter une continuité maximale entre les zones de circulation publique des édicules et les petites cours aménagées à l’extérieur.1

L'extérieur de l'édicule ouest, de taille plus réduite que son homologue, vu de la rue Fabre. L'intérieur de l'édicule ouest, qui se ressemble à celui de l'est notamment par sa fenestration abondante, les angles de 60° et les panneaux muraux colorés – ceux-ci en mauve en continuité avec la portion ouest des quais.

En particulier, dans l’édicule Papineau, la trémie des escaliers est entièrement entourée par des espaces de circulation, y compris une passerelle qui donne sur le volume profond de la cage d’escalier en contrebas; l’ouverture au-delà de la passerelle admet la lumière du jour jusqu’au fond de la cage d’escalier. Pour leur part, les panneaux colorés se poursuivent tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des édicules, en se limitant à une seule des couleurs emblématiques qui correspondent à chacun des accès : bleu ciel pour l’édicule est, mauve à l’ouest.

L'intérieur de l'édicule est. Le bâtiment est vitré sur la plupart de son pourtour pour un effet de légèreté. Les escaliers sortent d'une trémie au centre de l'espace, créant un effet rehaussé par la présence d'une passerelle qui relie les deux côtés de l'édicule par-dessus la cage d'escalier. Les panneaux muraux bleu ciel reprennent l’une des couleurs d’accent de la portion est des quais. Vue intérieure de l’édicule est, en regardant vers le devant du bâtiment et la cage d’escalier. Vue en plongée du volume de la cage d'escalier et de la salle de contrôle est, à partir de la passerelle dans l'édicule.
L'extérieur de l'édicule est, vu à travers la rue Jean-Talon. La structure hexagonale en béton à gauche est un puits d'aération. L'extérieur de l'édicule est, vu du sud-est. Les panneaux muraux colorés des quais continuent jusqu'à l'extérieur des édicules; ici, ils décorent le puits d'aération adjacent à l'édicule est.

Par ses couleurs brillantes et son design fort, la station Fabre est une réussite esthétique impressionnante qui vaut sans contredit la visite.

Accessibilité

Cette station n’est présentement pas accessible en fauteuil roulant. Aucun plan de mise en accessibilité n’a encore été annoncé.

Selon le Plan de développement d’accessibilité universelle de la STM 2012-2015 (p. 40), la complexité anticipée de l'implantation d'ascenseurs à cette station a été évaluée comme étant problématique.


Historique et faits divers

Achalandage

Achalandage

1 791 839 départs en 2025

52e station en achalandage

Profondeur des quais

Profondeur des quais

13,0 mètres
42e station en profondeur

Longueur d'interstations

Longueur d’interstations

Vers Jean-Talon : 839,60 mètres
Vers D’Iberville : 644,50 mètres

Origine du nom

Rue Fabre. Monseigneur Édouard-Charles Fabre (1827-1896) était le troisième évêque (1876) et premier archevêque (1886) du diocèse catholique de Montréal. Il était fils d’Édouard-Raymond Fabre, maire de Montréal 1849-1851; frère de Sir Hector Fabre, avocat et journaliste; et beau-frère de Sir George-Étienne Cartier, l’un des Pères de la Confédération canadienne. Son épiscopat a vu le parachèvement de la cathédrale Saint-Jacques (l’actuelle cathédrale Marie-Reine-du-Monde), la promotion de Montréal en archidiocèse et la création de plusieurs nouvelles paroisses pour servir une population urbaine en forte progression. Il était notamment connu pour ses opinions hautement conservatrices en matière de mœurs.

Anciennement appelée rue Saint-Ignace, de Maisonneuve et Sydenham, la rue Fabre fut nommée pour lui en 1899.2

L'archevêque Édouard-Charles Fabre

L’archevêque Édouard-Charles Fabre
(Source3)

Faits divers

  • À l’origine, deux stations de métro ont été prévues entre Jean-Talon et D’Iberville, plutôt qu’une seule. Celles-ci devaient porter les noms Cartier et Normanville (ou De Normanville).4 En 1979, la Communauté urbaine de Montréal a annulé la station Normanville, une décision attribuée à des restrictions techniques dues à la présence d’égouts. Pour compenser la perte de cette station, la station Cartier a été remplacée par la station Fabre plus à l’ouest, et des entrées secondaires largement espacées ont été ajoutées aux plans pour les stations Jean-Talon, Fabre et D’Iberville afin d’offrir une couverture plus ample.5
  • La station fut conçue de sorte à permettre l’aménagement d’un troisième accès au coin sud-est du carrefour de la rue Jean-Talon et de l’avenue Papineau, relié à la salle de contrôle est.1
Plan préparé par le BTM en 1976, montrant deux stations nommées Normanville et Cartier en place de la station Fabre.

Plan préparé par le BTM en 1976, montrant deux stations nommées Normanville et Cartier en place de la station Fabre
(Source4)

Esquisse architecturale de l'édicule Papineau.

Esquisse architecturale de l’édicule Papineau.
(Source1)

Maquette de l'édicule Papineau.

Maquette de l’édicule Papineau.
(Source6)

Renseignements généraux

Plan des quais

Les voitures de métro les plus pratiques pour descendre à cette station

Plan des quais - station Fabre

Alentours de la station

Fabre - Alentours de la station

Adresse des accès

Arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension

A Accès Papineau : 1737, rue Jean-Talon Est, angle avenue Papineau

Arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie

B Accès Fabre : 1480, rue Jean-Talon Est, angle rue Fabre (sans préposé)

Lien vers OpenStreetMap
Lien vers Google Maps

Plan de quartier de la STM (PDF)

Lien vers le site officiel

Renseignements pratiques, heures d’ouverture, fréquence des passages, lignes d’autobus

Logo STM

Dernière mise à jour : 11 Oct 2026

Références
  1. Bédard, Averna, architectes. Station Fabre (document de présentation au Bureau de transport métropolitain). 20 mars 1980. Archives de la Ville de Montréal, dossier CA M001 XCD001-D19, cote 1D-06-01-37F. ↩ ↩ ↩ ↩ ↩
  2. Fiche descriptive : Rue Fabre. Commission de toponymie du Québec. ↩
  3. William Notman. Monseigneur l’archevêque Édouard-Charles Fabre, Montréal, QC, 1886. 1886. Photographie. Collection : Musée McCord Stewart, no. II-81065.1. ↩
  4. Bureau de transport métropolitain. (1976). Métro… au 4 juillet 1976 [livret commémoratif préparé pour la cérémonie d’inauguration du prolongement vers l’est de la ligne verte]. Montréal : auteur. Archives de la Ville de Montréal, dossier CA M001 XCD001-D02, cote 1B-06-11-01F. ↩ ↩
  5. Station de métro mort-née. (1979, 19 avril). La Presse, p. A12. ↩
  6. © Archives de la STM. ↩