D’IBERVILLE
Art et architecture
À l’instar de sa station voisine Fabre, la station D’Iberville est creusée en tunnel dans le roc, entre deux accès construits à ciel ouvert. Mais la comparaison s’arrête là; son design est sobre au point d’être austère, avec des lignes droites, des étendues inornées de mur et des couleurs neutres.
Les murs sont revêtus majoritairement de simples briques. Les planchers sont pavés de terre cuite aux niveaux inférieurs et de dalles de granit dans les édicules. Les murs des quais sont en brique posée à la verticale, avec des panneaux d’aluminium intercalés. Les bancs carmin donnent un éclat de couleur vive mais coordonnée. Fait inhabituel, les positions des trains arrêtés sont légèrement décalées l’une de l’autre.
Dans l’accès ouest (Louis-Hébert), un grand volume profond accueille la billetterie sur un niveau mezzanine, dont le parapet donne sur les quais en regardant vers l’ouest. Cet accès, d’une architecture nettement plus imposante que l’autre, était en effet conçu comme l’accès principal;1 toutefois, il a été converti en accès sans personnel aux années 1990 (de même que les accès secondaires des stations Fabre et Jean-Talon). Cette mesure a été accompagnée par l’implantation des mêmes grandes barrières blanches utilisées à ces dernières stations, à différence des autres accès sans personnel dans le réseau.
L’apport artistique principal de la station D’Iberville est la grande sculpture abstraite qui représente Le Pélican, le navire de Pierre Le Moyne d’Iberville. Œuvre d’Eddy Tardif, la sculpture est fixée au mur tympan au-dessus des quais dans le grand volume du transept ouest. Le fond de plaques métalliques brunes, conçu par l’artiste,2 est également utilisé au-dessus de l’escalier vers le quai Snowdon, ainsi que dans l’autre accès sur le mur du fond de la cage d’escalier.
À l’extrémité est de la nef, des escaliers au bout des quais mènent à un transept de taille assez restreinte, construit dans une voûte surélevée à même l’excavation de la nef; la passerelle de type balcon est située au-dessus de la bouche du tunnel. Ses parapets et le mur du local technique au fond sont positionnés à un angle oblique. Cet accès accueille les ascenseurs, mis en service en 2024; ceux-ci occupent des alcôves de forme cintrée qui bifurquent de chaque quai. Chaque alcôve est également dotée d’un escalier auxiliaire, afin d’éviter de créer un cul-de-sac dangereux en cas d’évacuation.3
Une cage d’escalier profonde relie ce transept à l’édicule, qui accueille la billetterie. De part et d’autre, les alcôves d’ascenseur (vers le quai Snowdon et vers l’édicule) sont reliées visuellement au pied des escaliers par de petits hublots en métal, peut-être un subtil clin d’œil nautique à la sculpture du Pélican dans l’autre accès.
Les deux édicules sont assez larges mais plutôt quelconques, au moins au rez-de-chaussée; ils reprennent la brique du restant de la station, avec des toits de béton en légère saillie. Or, le toit de l’édicule ouest, déjà muni d’une imposante bouche de ventilation de forme oblique, a été modifié en 2016-17 par l’implantation d’un appentis technique assez frappant. Cet ajout a été construit à l’angle en réplique à la structure originelle, prêtant à l’édicule une silhouette encore plus remarquable qu’avant; toutefois, son revêtement métallique rouge avec des bandes de blanc et de gris foncé détonne avec le design du reste de la station. Cet édicule est agrémenté par un petit jardin à l’arrière, qui donne sur la ruelle pour offrir l’accès à la station à partir des deux rues transversales.
L’édicule est a été modifié à son tour lors de l’implantation des ascenseurs en 2020-24. Pour gagner de l’espace à l’intérieur, une aire d’attente triangulaire formant un renfoncement du coin sud-ouest de l’édicule a été réduite et convertie à une forme de quart de cercle. Une extension de béton et de brique sur deux étages a été construite pour accueillir les installations mécaniques nécessaires. Cette fois-ci, on a choisi un design un peu plus harmonieux avec l’architecture d’origine : les fenêtres obliques reprennent les lignes obliques des deux transepts.
Accessibilité
Cette station est pourvue d’ascenseurs pour l’accessibilité aux personnes en fauteuil roulant. Il y en a trois. Un ascenseur relie le rez-de-chaussée de l’accès D’Iberville (est) et le niveau de la passerelle; ensuite, ce dernier est relié à chacun des quais par un ascenseur. Les travaux d’implantation des ascenseurs ont débuté le 19 octobre 2020 et les ascenseurs ont été mis en service le 29 janvier 2024.
Historique et faits divers
Profondeur des quais
15,6 mètres
36e station en profondeur
Longueur d’interstations
Vers Fabre : 644,50 mètres
Vers Saint-Michel : 607,60 mètres
Origine du nom
Rue D’Iberville. Pierre Le Moyne, sieur d’Iberville (1661-1706) est né à Ville-Marie (Montréal). Il a connu une longue et célèbre carrière comme soldat, capitaine de navire et explorateur. Accompagné à différents moments par certains de ses onze frères, il a fait des expéditions dans la région de la baie James, en Acadie, à Terre-Neuve et dans les colonies anglaises méridionales. Il atteint l’embouchure du fleuve Mississippi en 1699; en 1702 il y fonde la colonie de la Louisiane et en est nommé le premier gouverneur.
Militaire de renommée surnommé le « Cid canadien », il reprend les comptoirs français de la baie d’Hudson aux Anglais en 1694 et leur prend également la Guadeloupe en 1706. Il devient le premier Canadien de naissance à devenir chevalier de l’ordre de Saint-Louis. Il décède à La Havane. La rue D’Iberville est ainsi nommée avant 1879.4
Forme alternative occasionnelle : Iberville. 1
Pierre Le Moyne, sieur d’Iberville
(Source5)
Faits divers
- À l’origine, la sculpture Le Pélican était munie d’un système d’éclairage qui simulait, à l’aide d’un système mécanique élaboré par l’artiste lui-même, les mouvements du soleil le long de la journée.1, 2
- Le projet d’implantation d’ascenseurs et les modifications conséquentes à l’accès est ont valu au cabinet d’architecture COEX deux certifications or et le Prix du public aux Grands Prix du Design de 2025. 6
- Une très brève scène de transition du film Sarah préfère la course (2013) de Chloé Robichaud fut tournée dans cette station.
Esquisse architecturale du grand volume de l’accès Louis-Hébert
(Source1)
L’édicule Louis-Hébert avant l’ajout d’un appentis technique sur le toit en 2016-17
(Source7)
Adresse des accès
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Arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension A Accès D’Iberville : 7151, rue D’Iberville, angle rue Jean-Talon |
Attractions avoisinantes |
Dernière mise à jour : 11 Oct 2026
Références
- Brassard et Warren, architectes. Station Iberville (document de présentation au Bureau de transport métropolitain). c. 1980. Archives de la Ville de Montréal, dossier CA M001 XCD001-D19, cote 1D-06-01-38F. ↩ ↩ ↩ ↩ ↩
- Info STM. (2003, 14 janvier). Les artistes du métro de Montréal : Eddy Tardif. Métro Montréal. ↩ ↩
- Ouellet, Sylvain [membre du Comité exécutif de la Ville de Montréal responsable de l’infrastructure]. Message Facebook, 29 janvier 2024. ↩
- Fiche descriptive : Rue D'Iberville. Commission de toponymie du Québec. ↩
- Anonyme (sans date). Portrait de Pierre Le Moyne d’Iberville. Huile sur toile. Centre d’archives de Montréal, Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Fonds Armour Landry, P97. Source : Wikimedia Commons. ↩
- COEX Inc. Station D’Iberville. COEX.com. ↩
- Source de l'image : Google Street View, mai 2015. ↩
Fabre







































